Le golfe du Valinco est, je pense, un endroit à part en Corse, un peu hors du temps. Vous ne trouverez pas ici ces grandes barres d’immeubles qui défigurent les littoraux, vous ne trouverez peut-être pas les grands hôtels luxueux ou les complexes résidentiels face à la mer. En revanche, vous trouverez une corse plus authentique qu’ailleurs, avec des paysages sauvages et naturels, un patrimoine historique extraordinairement riche et des autochtones qui parlent vraiment corse !
Ma journée autour du golfe du Valinco commence sur les hauteurs de Sartène, la plus grande ville de corse (avec ses 200 km carré de superficie), et, si l’on en croit les mots de Prosper Mérimé : “la plus corse des villes de Corse !”.
Nichée dans la montagne, Sartène offre un point de vue tout à fait remarquable au visiteur, et pour se faire un idée de ce à quoi ressemble véritablement le territoire sartenais, il est bon de prendre un peu de hauteur. Les toits oranges des maisons de Sartène se déploient en contrebas, les montagnes semblent presque encercler la ville alors qu’au loin on aperçoit Propriano et la Méditerranée qui vient s’engouffrer dans le golfe du Valinco.
Les présentations sont faites, je peux donc partir dans un premier temps à la découverte de la ville de Sartène et de ces ruelles à flanc de montagne. Il y a des enchevêtrements d’escaliers, des porches sous lesquels passer, des marches à gravir, des marches à descendre… Un petit coin de la ville où on ne croise pas grand monde hormis les habitants qui s’étonneraient presque de vous voir ici et vous donne quelques conseils sur les endroits où faire de belles photos !
Un peu plus loin, au fil de la balade, j’arrive sur la place principale de la ville, au pied de l’église. L’animation y est nettement plus importante, à l’ombre, au terrasses des café, sur les bancs de la place, ça parle corse en regardant les touristes passer. Franchissez la grande porte au bout de la place, et vous retrouvez l’effervescence d’une ville touristique, avec ces restaurants, ces boutiques de souvenirs et de produits locaux, les ruelles où les visiteurs sont beaucoup plus nombreux… Cette partie de la ville est moins charmante à mes yeux que la “partie haute”, mais au moins on y trouve de quoi acheter quelques souvenirs
Je quitte Sartène en début d’après midi pour Propriano. Mais avant cela, je décide de faire un petit détour par la ville de Belvédère-Campomoro. Comme son nom l’indique, le point de vu ici sur l’ensemble du golfe du Valinco est tout à fait exceptionnel ! De plus, c’est ici que vous trouverez la Tour de Campomoro, une ancienne tour Génoise construite à la fin du XVIème siècle afin d’assurer la surveillance du golfe et de prévenir d’éventuels raids barbaresques. Cette tour est extrêmement bien conservée, elle abrite aujourd’hui un petit musée qui permet de comprendre l’histoire du monument et son importance stratégique à l’entrée du golfe. D’ailleurs, pour mieux apprécier cette position, il suffit de monter tout en haut de la tour et vous vous rendrez bien compte alors du panorama exceptionnelle qu’elle offre, à 360°, sur les alentours !
La chaleur commence à être véritablement accablante, et je le sens bien, il est grand temps pour moi d’aller profiter de la plage et des eaux si douces de la Méditerranée. Direction Propiano donc, la ville est située au bord le mer et on y trouve bien sur de nombreuses plages, pour le plus grand plaisir des touristes comme moi ! ![]()
Je décide cependant de ne pas aller à la plage à proprement parler, mais plutôt dans ce qui fait à mon sens véritablement le charme de ce littoral ; les criques !
Le descente vers les criques peut se révéler quelques peu technique, mais rien d’insurmontable… Arrivé en bas, j’étale ma serviette entre deux rochers, ainsi isolé, j’ai l’impression d’être seul au monde ! ![]()
Mais en réalité cette serviette ne me servira guère… Je vais passer tout mon temps à barboter dans l’eau, dans cette eau si agréable et d’une clarté extraordinaire. Je regrette de ne pas avoir de masque et de tuba, mais si j’en avais eu, je n’aurai peut être jamais quitté cette petite crique !
Cette baignade m’a fait le plus grand bien, et je peux repartir en direction du centre de Propriano pour terminer cette journée corse. Propriano est une ville balnéaire, qui a les pieds dans l’eau, et où le port à une importance particulière. D’ailleurs, le port est très grand, et la ville semble organisée autour de lui. Les terrasses des restaurants, les bars, les cafés, les glaciers, tous ici cherchent à avoir non pas pignon sur rue, mais pignon sur port !
Une belle promenade a été aménagée le long du quai où sont amarrés navires de plaisance, voiliers et bateaux de pêcheurs. La journée touche à sa fin, c’est le moment propice pour les marins qui partent pêcher dans le golfe.
Je reste sur le port, et je profite en me baladant le long des pontons, glace à la main, de cette fin de journée. Bientôt les rayons du soleil disparaissent derrière l’horizon et le petit phare vert qui marque l’entrée du port de Propriano prend le relai pour éclairer la nuit corse…